Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 19:04

 

      J'ai constaté au contact de la communauté vaporiste de votre monde qu'un débat bien étrange existait : un vaporiste qui se respecte doit-il ou non porter des lunettes de protection, plus connues sous l'anglicisme « goggles » ? Grande question, à laquelle je vais tâcher de répondre en vous parlant un peu de notre monde.

      Ici bien-sûr, tout le monde ne se promène pas toujours avec des goggles sur le nez. Imaginez-vous la bonne société parisienne en sortie à l'opéra avec redingotes, haut-de-forme et lunettes de soudeur ? Il est évident que cela n'est pas nécessaire. Toutefois, la plupart des gens disposent chez eux d'une voire plusieurs paires, et une grande majorité de la population a presque en permanence des goggles sur soi. Pourquoi ? Et bien que vous soyez lancer à toute allure dans un bolide à vapeur, que vous voyager dans un aérostat ouvert (tous le monde ne peut pas se permettre le prix d'un ticket en première classe) ou que vous répareriez le moteur d'une des innombrables machines que nous utilisons, il vaut mieux être prudent. D'ailleurs, les lieux portant l'indication « La sécurité prévaut ! N'oubliez pas vos lunettes » ne sont pas rares. La prudence et le nombre incroyable de situations dans lesquelles nous pouvons nous retrouver nous obligent à faire preuve d'un peu de prudence, et je peux parler d'expérience en disant que les goggles sont de ces objets dont on a toujours besoin quand on les a oubliés !

      Bien-sûr, cette nécessité a entraîné, comme chez vous, une envie de personnalisation, un désir d'avoir des lunettes qui sortent un peu du lot, et a fait à terme de cet objet utilitaire un objet de mode qui prend un certain caractère esthétique. Elles sont aujourd'hui un élément quasi-incontournable de notre habillement, autant par nécessité que par soucis vestimentaire.

      A vous de voir, donc, si oui ou non vous vous équiperez, mais mon conseil est le suivant : mieux vaut en avoir et ne pas en avoir besoin que se retrouver sans dans une situation critique !

Par Sir François d'Arz - Publié dans : Steampunk : Kesako ? - Communauté : L'univers Steampunk
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 20:48

Salutations lecteur.

 

Aujourd'hui, je vais évoquer un lieu à visiter. Dans la ville Lumière, dans la discrète rue de Paradis, se dresse un bel hôtel particulier art nouveau. Sa façade ne manque pas d'accrocher les regards, en particulier dans cette petite rue parisienne. Mais qui se douterait, en passant devant l'entrée, que ce lieu est hanté ? On connaît le bâtiment sous le nom de Manoir de Paris, et en y pénétrant vous quittez le Paris du XXIe siècle pour rejoindre celui du XIXe et treize de ses légendes les plus sombres...

Suivez l'assassin des Médicis, rencontrez Nicolas Flamel et conversez avec le fantôme de l'Opéra. Si les bourses les plus légères auront des hésitations (18 euros l'entrée), les créatures qui peuplent ce triste endroit ne vous laisseront pas indifférents. En entrant dans ce manoir, vous serez un peu en contact avec notre monde dans ce qu'il a de plus obscur.

 

Âmes sensibles, s'abstenir...

Par Sir François d'Arz - Communauté : L'univers Steampunk
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 20:16

 

     Une énorme explosion emporta tout un pan de la muraille, tuant au moins trois Britanniques, à quelques mètres de notre position. Le râle des blessés et l'odeur âcre de chair brûlée me rappela sans difficultés les pires heures de la bataille de Samundri. Il n'avait alors fallut que quelques heures à l'artillerie autrichienne pour réduire la forteresse de pierre en un tas de gravats fumants. Fort Edward était fait majoritairement de bois, et je craignais déjà pour la suite des événements. Nous avions désormais trois minutes avant le prochain tire. Si les Ougandais parvenaient à approcher le reste de leur artillerie d'une centaine de mètres supplémentaires, nous étions fichus. Nous devions les neutraliser dès que possible. Hélas, nos propres canons ne pouvaient espérer les atteindre.

 

     Un nouveau grondement de tonnerre emporta une nouvelle partie des défenses.

 

     Il fallait atteindre leurs positions. Je ne voyais qu'une solution dans l'immédiat : creuser une tranchée qui nous mènerai au plus près des positions ennemies avant qu'eux mêmes aient assurés le mouvement de leurs canons. Une course contre la montre s'engageait donc. Je réussissais à obtenir une vingtaines d'hommes et l'aide de Varzatz, qui même s'il trouvait mon idée « Française et suicidaire, bien que cela soit un pléonasme » se joignit aux travaux : sa connaissance en matière de tunnels nous aiderait. Une fois qu'il eu donné ses instructions, les hommes commencèrent. L'idée était d'utiliser une petite poterne située dans la muraille comme point de départ et de repli. La nuit nous dissimulerait aux yeux de l'adversaire, du moins l'espérions nous. En face, l'ennemi creusait lui aussi à grande vitesse. Mais l'entraînement et la discipline britannique, alliée au savoir faire ancestral du Freeshk, nous rendait plus efficace que les Ougandais, qui s'ils avaient suffisamment de bras, manquaient d'expérience en la matière. Notre travail était rythmé par les tirs de la grosse Bertha. Mais bientôt, ce fut au tour des nôtres d'entrer dans la partie : du haut des remparts, les tireurs d'élites de la Couronne et nos amis mercenaires avaient commencés à abattre les ouvriers et guerriers ennemis arrivés à portée, retardant sensiblement l'avancée de leur ouvrage. De notre côté, nous savions que nos ennemis nous repéreraient d'un instant à l'autre, et nous devions donc faire vite. Si nous parvenions à parcourir encore une cinquantaine de mètres, nous pouvions compter sur le terrain pour protéger une approche plus rapide.

    Las ! À peine étions nous à mi-chemin que les cris d'alertes résonnaient chez les assaillants. En moins de cinq minutes, leur artillerie, qui n'était pas encore à portée des murailles mais déjà de notre position, commença à faire pleuvoir sur nous un déluge de feu. Il n'était plus question de creuser, et notre retraite était coupée par les explosions. Je regardais Varzatz, qui savait comme moi ce qu'il nous restait à faire. Nous ordonnâmes aux hommes de laisser là leurs pelles et d'empoigner leur fusils. Baïonnettes aux canon, je sortais de notre tranchée.

 

     « Long live the Queen ! »

 

     Reprenant en chœur mon cri, mon ami et les vingt hommes du 24thfoot regiment se jetèrent vers une mort certaine. Nous avions deux cents mètres à parcourir avant d'atteindre la tranchée ennemie. Deux cents mètres sans réels couverts. L'artillerie tâchait de nous couper toute retraite pendant que les soldats Ougandais prenaient position à la place des ouvriers pour nous accueillir. Face à moi, à moins d'une centaine de mètres, je voyais un homme gigantesque pointé son fusil dans ma direction. M'arrêtant dans ma course, je le visais et appuyait sur la gâchette. Mon fusil s'enrailla, mais l'homme s'écroula : nous avions le soutien des tireurs d'élites du fort.

 

     Lorsque nous arrivâmes au boyau ennemi nous avions perdu dix hommes. Baïonnettes et sabres en avant, nous tranchions dans nos adversaires toujours plus nombreux. Il nous fallait remonter vers l'artillerie désormais. Varz était tout à son aise dans la tranchée, et son incroyable agilité combinée à la discipline de nos soldats nous permit une progression assez aisée. Arrivés au bout du boyau, nous n'étions plus que neuf. Il nous fallait de nouveau sortir à découvert et parcourir une vingtaine de mètres pour atteindre les canons. Trois hommes restaient à l'abri pour nous couvrir. La traversée ne fut pas difficile, les servants des canons n'ayant pas d'armes à feu. Mais déjà nous voyions les renforts ennemis se précipiter vers nous, et nous étions hors du périmètre de soutien des tireurs d'élite. Je laissais à Varzatz et à deux hommes le soin de saboter les pièces d'artillerie. Avec les deux soldats restant, je prenais le contrôle d'un obusier et tâchait de le faire pivoter. Nous devions détruire le Bertha MkII.

     L'ennemi était sur nous. Nous dûmes lutter pour nos vies, espérant avoir la chance d'accomplir notre mission avant d'être tués. Un de mes compagnon s'écroula. Quatre guerriers nous prenaient à parti, et nous en voyions encore plus venir vers notre position. Nous abattions le dernier lorsque qu'un rugissement assourdissant se fit entendre à quelques pas de nous : le Britannique blessé avait profiter du désintérêt de l'ennemi pour rejoindre notre canon. Dans une explosion formidable, le boulet toucha la réserve de munitions du Bertha, détruisant l'arme et tuant par la même occasion le peloton ennemi qui était à son niveau. Je vis le soldat de la Couronne s'écrouler, un léger sourire aux lèvres. J'avais par le passé vu tellement d'hommes mourir satisfait, leur mission accomplie, que cela ne me surpris pas. Je récupérais sa plaque pour citation et cherchais Varzatz du regard. Il venait de finir ce qu'il avait à faire et m'enjoignit du regard à filer au plus vite vers notre abri. Nous retournions vers la tranchée sous le feu de couverture des trois soldats restés en arrière. Il nous fallait désormais nous dépêcher, car nous avions aux trousses une compagnie entière. Deux autres de nos hommes s'écroulèrent, et nous nous arrêtâmes juste assez longtemps pour récupérer leur plaques. Nous courûmes à perdre haleine. Bientôt, les tireurs d'élites reprirent leur travail de couverture. Arrivés au point le plus avancé du boyau, nous sortîmes à couvert pour rejoindre celui que nous avions précédemment creusé. Notre artillerie put alors nous couvrir, et nous rentrâmes au fort. Sur les vingt hommes qui nous avaient accompagnés, il en restait quatre dont un blessé.

 

     Le calme s'installa. Les Ougandais comptaient leurs pertes et nous tâchions de remblayer au mieux notre tranchée afin de ne pas faciliter le travail de l'ennemi lorsqu'il reprendrait. Il fallut moins d'une heure pour que les ouvriers se remettent à creuser. Nos tireurs en abattaient parfois un, mais la plupart étaient invisibles au fond de leur trou. Bientôt toutefois, les travaux cessèrent et tous nos ennemis se réunirent dans leur camp. Le silence s'installa. Nous voyions leurs troupes se mettre en ordre de marche, comme pour préparer l'assaut. Qu'allaient-ils faire ? Leurs tranchées n'étaient pas assez avancées pour leur permettre une approche en toute sécurité, et nos murs tenaient encore debout : nonobstant leur nombre, nous les tirerions comme des lapins. Bientôt, leur armée nous fit face, silencieuse. Des tambours résonnèrent, et les soldats ougandais commencèrent à entonner un chant martial. Devant eux, Kubwa Mchawi brandit son bâton d'où sortit une lumière bleuâtre. Pendant un moment, rien d'autre ne se passa, mais il fallut peu de temps pour qu'au-dessus de l'horizon apparaisse une forme encore impossible à identifier. Elle approchait rapidement, et nous restâmes sidérés derrière nos longues vues.

     Couvert d'un arsenal imposant, le Lugh volait vers nous. La partie arrière, que nous avions faite exploser, avait été sommairement réparée. Aucun moteur ni aucune hélice ne semblaient fonctionner. Pourtant il volait, comme porté par une force invisible. Les artilleurs britanniques se mirent en position. À peine arrivé à portée de nos canons, le géant des airs déclencha une tempête de feu. Nos murs volèrent en éclats, emportant hommes et matériel avec eux. Une brèche gigantesque s'était formée, et déjà l'infanterie ennemie se jetait vers le fort dans un terrifiant cri de guerre. Sonnées mais réactives, les troupes de sa Majesté prirent position pour les recevoir, conscient de leur nette infériorité numérique. Ils pourraient tenir au mieux quelques heures, et tant que le Lugh était en jeu, nous n'avions aucune chance. Il fallait le détruire une bonne fois pour toute. Hélas, notre artillerie était définitivement hors d'état.

     Les Ougandais arrivaient à notre niveau. Ayant rejoins les soldats britanniques, je mettais un ennemi en joug. Nous attendions l'ordre, bien décidés à mourir dans l'honneur. Derrière nous, l'officier cria : « Fire ! » La première salve partit, fauchant un nombre indéterminé d'ennemis. « Fire at will ! » Beaucoup de guerriers tombaient, mais ils semblaient innombrables.

     Alors que je rechargeais, Varzatz arriva à mon niveau. Il avait un plan. Fort Edward disposait d'un aérostat de reconnaissance grâce auquel nous pouvions espérer rejoindre le Lugh et peut-être gagner suffisamment de temps pour tenir jusqu'à l'arrivée des renforts. Il y avait cinq places dans le véhicule, il nous fallait donc recruter avec soin nos compagnons. Le docteur voulu venir, et nous n'avions pas le temps d'argumenter. Avec lui, nous prenions nos deux compagnons du 4thEast African Steam Dragoons, qui m'avaient précédemment promis de veiller sur le docteur et voulaient honorer leur serment. Nous embarquâmes alors qu'un nouveau tir d'artillerie ennemi emportait une dizaine de nos hommes. Le décollage se passa sans encombres malgré les combats tout proches. Nous survolâmes les troupes ennemis qui s'empressaient vers la brèche sans être inquiétés par leurs armes. Toutefois, il fallut peu de temps à l'équipage du Lughpour nous repérer, et nous fûmes bientôt pris à parti par leurs artilleurs. Un obus atteignit notre aérostat, qui se précipita vers le géant aérien, s'écrasant sur le pont. Étant miraculeusement indemnes, nous jaillirent de l'épave en ouvrant le feu sur les ennemis approchant.

     Il nous fallait trouver le système qui leur permettait de voler. Ce faisant, nous pourrions le saboter et amener le vaisseau à s'écraser. Nous décidâmes de nous diriger vers le moteur afin de voir si des réparations avaient été effectuées. Dans les couloirs, Varzatz ouvrait la voie. Nous parvînmes rapidement à la salle des machines où veillaient seulement deux hommes. Après les avoir neutralisés, nous inspectâmes l'endroit. Il n'y avait aucune machine. Rien. Aussi interloqué que je l'étais, Varz cherchait où nous pourrions aller. « La cale » dit-il « est le seule endroit assez grand pour installer une machinerie suffisamment conséquente. Nous devons nous y rendre. » Cela fut convenu, et nous reprîmes la route. Une escouade tâcha de nous barrer la route, sans grand succès. Le comité d'accueil de notre destination fut plus important. Nous nous jetâmes à couvert derrière les caisses qui encombraient la cale, tirant de temps à autres sur nos adversaires. Malgré la fusillade, une chose était évidente : il n'y avait rien d'autre ici que les munitions de l'arsenal du Lugh. Comment faisaient-ils ? Nos deux camarades britanniques quittèrent notre position pour prendre l'ennemi à revers. Mais les éliminer ne réglerait pas notre problème. Quel était leur système, et surtout où était-il ?

     « Peu importe. » Nous restâmes bouche bée. Le docteur avait prononcé ces mots subitement. C'était son invention, des années de travail, et il ne souhaitait pas comprendre. « Peu importe » répéta-t-il. « Il faut faire exploser le Lugh dans son intégralité. S'il s'écrase et que nous remportons la bataille, il tombera entre les mains des Anglais. Il ne le faut pas. Combien de morts pour cette invention depuis qu'elle a décollée ? Qu'adviendrait-il si elle était récupéré par d'autres ? Il faut la détruire au plus vite. En-bas, il y a de braves soldats qui meurent, nous n'avons pas le temps de réfléchir. Il faut mettre fin à ce massacre. »

     Il nous ordonna de placer une partie des explosifs ici, dans ce dépôt de munitions. Le reste devrait être mis dans le poste de pilotage et sur le pont, près de l'artillerie. Quant à nous, nous pouvions espérer nous en sortir en utilisant une invention ancienne mais qui n'avait eu que peu de cachet jusqu'ici : des parachutes. Il y en avait assez pour nous cinq aux sorties de secours.

     Derrière nous, les coups de feu cessèrent, et nos deux compagnons britanniques revinrent. Nous plaçâmes donc nos bombes et repartîmes vers les autres points du vaisseau. Nous nous séparâmes à contre cœur afin d'aller plus vite. Le docteur et les deux soldats iraient sur le pont. Varzatz et moi rejoindrions le poste de pilotage. Nous devions nous retrouver à la sortie avant-tribord une fois notre mission accomplie.


     Avançant dans les couloirs, nous abattions les quelques Ougandais qui s'opposaient à nous. À l'instar de la salle des machines, le cockpit n'était pas fonctionnel. Une fois les explosifs mis en place, nous repartîmes. Nous arrivâmes avant le docteur, mais notre attente fut courte. Toutefois, nous n'en étions pas à la partie la plus simple du plan : aucun de nous n'avait jamais sauté en parachute. Nous connaissions la théorie, mais se jeter d'un vaisseau aérien pour atterrir au milieu d'une horde d'ennemis était autre chose. Malheureusement nous n'avions pas le choix, et ce d'autant plus que des ennemis approchaient de nous. Nous nous jetâmes donc vers un destin plus qu'incertain. Par chance, le Lughétait non loin du fort lorsque nous sautâmes. En bas, les combats faisaient rage. L'ennemi semblait avoir pénétré l'enceinte et un dernier carré britannique s'était formé près du bastion central. Notre chute fut ralentit par le parachute. Invention simple, mais incroyablement efficace. Nous avions à peine cinq minutes avant l'explosion. Lorsque nous arrivâmes au sol, nous courûmes nous mettre à couvert. Nous étions hors des murailles et l'ennemi était proche. Nous courûmes vers une petite brèche que l'artillerie du Lughavait créée pendant notre opération, et de là nous pûmes trouver une position défendable. Les innombrables adversaires qui s'avançaient vers nous allaient nous déborder lorsqu'une explosion monumentale se produisit. Dans un vacarme assourdissant, le monstre aérien fut pulvérisé.

     Autour de nous, les combats cessèrent. Les yeux rivés vers le ciel, les Ougandais paraissaient terrifiés. Une rumeur s'éleva parmi eux et tous se mirent à fuir le champ de bataille. En quelques minutes seulement, il ne restait aucun adversaire vivant dans le fort. Tous courraient. Nous suivîmes leur fuite du regard jusqu'à ce que leur armée ne soit plus qu'un nuage de fumée à l'horizon. Jusque là, le silence avait régné parmi les défenseurs. Mais lorsque le dernier soldat ennemi eu disparu, un cri s'éleva : « God save the Queen ! » Bientôt, ce fut une centaine de voix qui exprimèrent leur joie.

     Nous avions remporté la bataille de Fort Edward.

 

     Lorsque les premières troupes de sauvetage arrivèrent, nous avions déjà remis un minimum d'ordre dans le camp. Les blessés avaient été réunis et les corps de nos adversaires enterrés. Les soldats Ronald Lewis et Ken Johns du 4thBatallion, Prince of Wales' East African Steam Dragoon Regiment, nos compagnons dans cette aventure, furent décorés de la prestigieuse Victoria Cross. Quant à nous, nous repartîmes pour Nantes avec la reconnaissance de la Couronne. Beaucoup de questions demeuraient. Où Kubwa Mchawi s'était-il procuré son arsenal ? Les fusils et canons étaient de toute évidence de fabrication prussienne, mais cela ne prouvait pas que la nation germanique était impliquée. Plus mystérieux encore, comment était-il parvenu à faire voler le Lugh ? Cela avait-il à voir avec l'étrange bâton, Nguwu, ou était-ce le fait d'un ingénieur de l'ombre ? Nous ne désespérions pas de connaître un jour le fin mot de l'histoire.

     Une morale était à tirer de cette aventure : notre arrogance avait conduit un peuple à se soulever et à nous combattre avec nos propres armes. Cela pouvait se reproduire à l'avenir. Heureusement, s'ils avaient su se servir de nos méthodes, les Ougandais s'étaient laissés emporter par leur superstition. En utilisant l'argument de la magie, Kubwa Mchawi avaient manipulé son peuple et pris le pouvoir en encourageant les mêmes croyances qui avaient entraîner sa défaite. Le chef ougandais avait voulu libérer son peuple par les armes, mais en maintenant chez eux l'ignorance. Et s'il est une chose que le docteur, Varzatz et moi-même savions, c'est que la seule chose qui libère les hommes est le savoir.

Par Sir François d'Arz - Communauté : L'univers Steampunk
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Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 23:28

 

      Nous nous débattîmes plus par principe que par espérance. Nos puissants ennemis nous traînèrent vers leur village pendant que de nombreux autres se pressaient vers le Lugh pour en éteindre les incendies. Nous arrivâmes plus vite que prévu : les bâtiments que nous avions aperçu plus tôt sur la colline ne représentaient qu'une infime portion des habitations. À son pied, à un endroit que nous n'avions pas encore exploré, se tenait une véritable cité. Si elle était faite dans des matériaux traditionnels, elle comportait des éléments surprenants : des casernes, dépôts de munitions, grands greniers et même ce qui semblait être un théâtre. L'activité y était importante et partout on se pressait. Ceux qui s'arrêtaient pour nous observer revenaient bien vite à leur occupation initiale. Nous fûmes conduit au cœur de la ville, sur une grande place publique. Là se dressait une imposante bâtisse. Construite sur plusieurs étages et presque entièrement faite de bois, elle était magnifiquement rehaussée de sculptures et piliers décoratifs. À l'intérieur se tenait un groupe d'hommes dont les parures et uniformes laissaient suggérer qu'ils étaient de administrateurs et officiers de hauts rangs. Les gardes qui nous tenaient nous forcèrent à nous agenouiller sous le regard de tous. Le silence s'installa. Varzatz me jetait parfois quelques regards. Nous cherchions tous deux une idée, une issue ou un quelconque signe nous permettant d'être un peu optimistes. Nous fûmes interrompu dans notre réflexion lorsque nous entendîmes derrière nous des pas. De toute évidence, il y avait un nouvel occupant dans la pièce. Il se présenta face à nous et nous reconnûmes alors Kubwa Mchawi. Il nous fixa, puis un léger sourire se dessina sur son visage. Il s'adressa à nous dans un français des plus irréprochable :

      « Vous êtes braves. Je suis d'ailleurs surpris qu'un Vanir tel que vous fasse preuve d'un tel courage. Votre peuple préfère affronter l'ennemi en terrain connu et parfaitement préparé plutôt qu'à la dérobade comme vous l'avez fait. Votre compagnon m'étonne moins : téméraire et irréfléchie, comme tous les Français. Vous nous avez donné du fil à retordre. Vos amis sont même parvenus à nous échapper, mais ils n'iront pas loin. Votre attaque n'a fait que nous retarder. »

      La conviction dans sa voix nous inquiétait. Sans le Lugh, son assaut aurait peu de chance de porter ses fruits. Malgré leur arsenal, les Ougandais ne pouvaient égaler la capacité de mobilisation et la logistique des Britanniques. Mais Varz et moi-même sentions autre chose. L'assurance de Mchawi était totale.

      Il s'adressa ensuite aux hommes qui nous retenaient prisonniers, certainement pour leur demander de nous emmener dans un lieu garder. La réunion de hauts dignitaires dans ce bâtiment laissait présager des heures sombres pour le Kenya voisin. Mais sur le moment, nous pensions surtout à un moyen de nous échapper...

 

      On nous emmena dans une bâtisse de taille moyenne qui avait apparemment été spécialement conçu pour accueillir le genre d'hôtes que nous étions. Si le confort n'était pas au rendez-vous, nous reçûmes tout de même un repas respectable. Nous mangeâmes en silence avant de nous consulter à voix basse. Nos affaires nous avaient été méticuleusement retirées, et notre cellule était gardée par au moins quatre geôliers. Je m'attendais à ce que mon compagnon sorte de nul part un objet bien caché, mais Kubwa Mchawi était suffisamment intelligent pour se méfier d'un Vanir. La pièce dans laquelle nous étions enfermée semblait bien conçue et ne présentait aucune faiblesse apparente. La légère ouverture qui faisait office de fenêtre n'était d'aucune utilité, mais l'agilité de mon collègue lui permit d'y jeter un œil. À l'extérieur, les soldats se réunissaient et s'équipaient. Ils avaient donc bien l'intention de partir au combat, et ce nonobstant le succès de notre attaque. Plus inquiétant, Varz affirma avoir aperçu des véhicules. Je n'osais remettre en cause cela, en dépit de ma surprise, car je savais que l'infra-vision de mon ami était indiscutable. Nous dormîmes un peu et passâmes le lendemain complet prostrés à attendre. Nous prenions scrupuleusement les repas qui nous étaient servis, sachant qu'il nous faudrait des forces lorsque le moment d'agir serait arrivé.

      Au crépuscule, un homme vint nous chercher. Nous fûmes conduit sous bonne garde au sommet de la colline. Là, il nous fût possible de contempler l'étendu des forces indigènes. Des milliers de guerriers en uniformes et équipés d'armes à feu nous attendaient. Ils étaient en effet accompagnés de véhicules. Ceux-ci étaient de vieux chars à vapeur britanniques abandonnés que les autochtones avaient réhabilités et qui avaient désormais l'air en parfait état de fonctionnement. Devant la foule se dressait un grand bûcher auprès duquel nous attendait Kubwa Mchawi et une troupe de danseurs guerriers en costumes de parade. On nous mis à genoux à leurs pieds, et le général en chef des Ougandais parla à ses troupes. Nous ne savions pas ce qu'il leur disait, mais il n'était pas difficile de comprendre qu'il haranguait les hommes en vue de l'affrontement à venir. Bientôt nous fûmes pointés du doigt, et on nous releva pour nous conduire vers le bûcher. La fin semblait proche, et nous n'avions aucun échappatoire.

      Soudain, du côté de la ville, on entendit une explosion. Une autre suivit. Quelques ordres furent donnés et les troupes se dispersèrent en armes, ne laissant que nous, nos gardes et les danseurs. Nous percevions l'agitation en contrebas, mais tout était calme là où nous étions. Brusquement, un coup de feu retentit, suivit de la chute de mon gardien. Je me relevait et frappait celui de Varzatz, libérant mon compagnon. Un second coup de feu abattit un danseur et nous nous précipitâmes vers la jungle. Là, cacher dans les fourrés, se tenait un homme du 4th East African Steam Dragoons. Après avoir tiré une nouvelle fois, il nous accompagna dans notre fuite. La surprise de l'ennemi retarda notre poursuite, et nous pûmes rapidement reprendre notre souffle.

      Le soldat était des deux portés disparus de la patrouille. Son camarade était mort, mais lui avait réussi à échapper à ses poursuivants. Attiré par l'agitation autour du Lugh, il nous avait vu nous faire capturé et avait monté la téméraire opération de sauvetage que nous venions de vivre. Nous tentions de définir la suite des opérations lorsqu'un coup de feu fut tiré. Le Britannique tomba au sol, mort. Nous n'eûmes pas le temps de nous saisir de son fusil et notre course reprit. À peine avais-je parcouru une vingtaine de mètres qu'une douleur terrible s'empara de ma jambe. Une flèche m'avait traversée la cuisse. Même si j'avais connu bien pire par le passé, je ne pouvais plus avancé. C'est alors que Varz déploya une force que je ne lui connaissait pas. En dépit de son mètre cinquante huit et de ma grande taille, il me souleva avant même que j'ai pu lui adresser la parole et repris sa course. Une balle fit voler en éclat l'écorce d'un arbre voisin, et deux flèches se fichèrent dans le sol à quelques pas de nous. La douleur tirait sur ma jambe, mais je savais par expérience que ce n'était pas tout. Ma vision se brouillait et ma respiration s'accélérait. Le projectile avait certainement été plongé dans du poison. Bientôt, mon ami me déposa au sol, entre deux énormes racines, et repartit dans l'obscurité. Je savais qu'il avait un plan et lui faisait pleinement confiance ; d'autant plus que sur le moment mon cerveau était bien trop embrouillé pour penser à autre chose. Je tâchais de rassembler mes esprits. Dans le lointains, j'entendais des cris et des coups de feu. Me traînant à la limite de mon abri, je pus apercevoir non loin de là nos poursuivants. Ils semblaient en proie à la panique, tirant en l'air et se lançant des instructions les uns aux autres. Ils n'avaient aucune idée de ce qui se passait, contrairement à moi. À la faveur de l'obscurité, Varz était retourné au combat. Si la jungle lui était désagréable, le noir complet qui régnait sous la cime des arbres lui convenait à merveille, et la densité de la végétation formait un espace confiné parfait pour exercer ses talents. Un guerrier s'écroula. Aucun d'eux ne voyait le Vanir. Moi-même je ne distinguais quasiment pas les mouvements de mon compagnon, et le peu que je percevais n'était dû qu'à ma connaissance de son peuple.

Lorsque le dernier Ougandais se fut écroulé, la jungle retrouva son calme et je sombrais dans l'inconscience.

 

      À mon réveil, le jour s'était levé. Je ne sentais plus les effets du poison et la douleur qui lacerait ma cuisse s'était considérablement atténuée. Je m'asseyais donc pour observer mon environnement. Varzatz n'était pas là, et je décidais de faire le point en l'attendant. Nous étions encore dans la jungle, mais je ne reconnaissais pas l'endroit où je me trouvais. Mon ami avait dû me déplacer après l'affrontement de la veille. Je regardais ma blessure et constatais qu'elle avait été pansée. Le plus surprenant était la dissipation du poison. En effet, si le Vanir était tout à fait apte à appliquer les premiers secours, ses origines en faisait un piètre connaisseurs de ce qui était végétal. J'attendais donc son retour pour satisfaire ma curiosité.

      Varz sortit de la verdure quelques minutes plus tard en portant moult baies et fruits exotiques. Je le remerciais vivement de ce qu'il avait fait pour moi. Il était loin d'être un guerrier, mais les vertus qu'il avait sus déployer en faisait un adversaire plus que redoutable. Il me raconta qu'à la suite du combat il m'avait emmené vers le sud, dans la direction d'où nous étions initialement arrivée. Nous nous étions éloigné de la cité indigène d'au moins quinze kilomètres et toute poursuite semblait avoir été abandonnée. Je l'interrogeais ensuite sur mes soins, et il me répondit que ma survie était dû principalement au hasard. Quelques mois auparavant, à Nantes, il avait feuilleté une revue dans laquelle il avait lu sans véritable intérêt un article sur le voyage d'un ethnologue dans l'Afrique subsaharienne. Le chercheur avait réalisé une gravure d'une plante sensé guérir les empoisonnement dû au « sang du démon » par les tribus indigènes. Le dit poison poussait dans des milieux forestiers similaires à celui où nous nous trouvions. Sans vraiment savoir pourquoi, Varz s'était souvenu de l'apparence de l'antidote et en avait cherché un échantillon. Il ne savait bien-sûr pas du tout ce qui était à l'origine de mon mal, mais n'ayant pas de temps à perdre il avait tenté le tout pour le tout. Le fait de me voir réveillé et en bonne santé le rassurait quant au succès de son intervention.

      Me présentant les fruits qu'il avait trouvé, il me demanda lesquels étaient, selon moi, comestibles. Ne s'y connaissant pas non plus en la matière, il espérait que mon passé dans les troupes coloniales pourrait nous aider. Je reconnu aisément deux belles papayes et une poignée de mangues précoces. Le reste nous paraissant douteux, nous décidâmes de nous en débarrasser. La taille des fruits nous permis de satisfaire notre faim, et nous pûmes même laver nos mains poisseuses dans un court d'eau proche. Après une brève discussions, nous nous accordâmes sur le fait de poursuivre vers le sud afin de récupérer nos véhicules. Nous espérions que les Ougandais ne les avaient pas trouvés. Je pouvais marcher, mais ma blessure nous ralentissait de façon non négligeable.


      Après cinq heures de marche, nous parvînmes à l'orée des bois. Bien-sûr, ayant perdu la carte avec le reste de notre équipement, nous n'avions pas pu nous repérer par rapport à notre point d'entrée d'origine. Le sens aigu de l'orientation de mon ami Vanir lui permit quand même de conjecturer qu'en marchant vers l'est nous finirions par tomber sur ce que nous cherchions. Il fallut donc encore avancer deux bonnes heures. Au bout de notre marche, nous trouvâmes le petit cimetière que nous avions fait pour les hommes du 4thEast African Steam Dragoons.Nous nous permîmes de prendre les casques laissés sur les tombes car une fois hors du couvert des arbres nous aurions à affronter le soleil, chose qui horrifiait Varzatz au plus haut point et qui me plaisait également fort peu. Nous retrouvâmes nos VV-TT en bon état et décidâmes d'en saboter un afin d'éviter qu'il ne soit pris par l'ennemi.

      Alors que nous débarrassions le second de son camouflage improvisé, une balle ricocha à quelques centimètres de nous. L'ennemi nous avait rattrapé. Heureusement pour nous, il y avait dans le véhicule des armes et notre riposte ne se fît pas attendre. Montant à bord, je me préparais à couvrir notre fuite pendant que mon collègue démarrait la machine. Il jura longuement à propos du fonctionnement à vapeur de l'engin, ne comprenant pas comment les hommes d'ici pouvaient être satisfait de cela, ne comprenant pas non plus pourquoi nous n'avions pas eu de beaux 4x4 au Vulcanium, quand même plus rapide et efficaces, grondant contre la chaudière et son temps de démarrage et enfin insultant un oiseau qui, fuyant les coups de feu, avait eu un accès d'émotion en le survolant.

      Nos poursuivants se rapprochaient vite, mais le moteur fini par vrombir et nous prîmes la route. Derrière nous, les soldats indigènes jaillissaient des bois, incroyablement nombreux. Nous comprîmes alors que notre rencontre était une coïncidence : ils n'étaient pas là pour nous, mais formaient en fait l'avant garde de l'armée de Kubwa Mchawi.

 

      Nous roulâmes longtemps. Le matériel que nous avions laissé dans le véhicule nous permis de retrouver notre route sans trop de difficultés. Le fait de s'en être sorti vivants nous permis de nous détendre, et nous eûmes de longues conversations en nous relayant pour conduire, autant sur les péripéties récentes que sur le reste. Cela permis au voyage de passer suffisamment vite, et nous aperçûmes finalement Fort Edward. Les gardes nous reconnurent et nous laissèrent passer. Nous retrouvâmes avec joie le docteur, qui tâcha de cacher son soulagement de nous voir en vie, préférant le présenter comme une satisfaction professionnelle : nous remplacer aurait été difficile et coûteux. Nous savions qu'il en était autrement mais jouions le jeu malgré tout. Le capitaine de la garnison, sir Lloyd Chepstow, nous reçu dans son bureau pour faire le point sur la situation. Notre récit l'inquiéta au plus haut point et il décida l'état d'urgence dans le fort. Les civiles environnants, à savoir une tribu kényane et leur pasteur danois, furent priés de se réfugier dans l'enceinte du camp. Il fut également convenu d'envoyer un télégramme à Nairobi pour demander du renfort. Il ne nous restait désormais qu'à patienter.

      Les heures défilaient. Nous racontâmes au docteur et à nos autres compagnons de route ce qu'il nous était arrivé. Varzatz put reconstituer un équipement relativement satisfaisant et la douleur de ma jambe s'atténuait. Le calme ne dura pas éternellement toutefois. Au soir, un nuage de poussière envahit l'horizon, et bientôt nous pûmes contempler les légions Ougandaises qui marchaient dans notre direction. Ils gardèrent leurs distances avec nous afin d'éviter d'être à portée de canons, et encerclèrent le fort. À travers nos longues vues, nous pûmes voir les soldats commencer à creuser les tranchées qui les mèneraient aux pieds de nos murs. Les véhicules ennemies se réunissaient et leurs pièces d'artillerie se mettaient en place. Nous ne savions pas comment ils s'étaient procuré ses armes, mais il était clair qu'elles dépassaient qualitativement les défenses fixes des Britanniques. Pire encore, au cœur de leur arsenal se dressait désormais un obusier que je ne connaissait que trop bien : une Bertha MkII, arme qui fut un temps la pièce maîtresse de l'artillerie prussienne. Si elle était aujourd'hui obsolète, elle n'en restait pas moins monstrueusement efficace.

 

      La pièce d'artillerie leva sa bouche vers nous et un grondement titanesque emplit les plaines alentours.

      La bataille de Fort Edward avait commencée.

 

Par Sir François d'Arz - Communauté : L'univers Steampunk
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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 01:07

 

      La jungle était touffue, et notre champ de vision très réduit. Après avoir analysé les véhicules détruits et les corps, un de nos guides pût trouver une piste : les traces d'une fuite à travers la jungle, sûrement laissée par les Britanniques survivants. Une fois que les soldats eurent reçu une sépulture décente et que nos VV-TT furent camouflés, nous nous engageâmes à la suite de la dite-piste en espérant que nos guides seraient capables de retrouver le chemin du retour. Varz jugea toutefois prudent de localiser la position de nos véhicules sur la carte, ce qui était élémentaire mais indispensable. Il nous fallut encore un bon kilomètre avant de trouver deux autres dépouilles, britanniques toujours. Ils avaient été tués par des armes primitives (mais pas moins efficaces pour autant !), comme leurs camarades. La piste continuait, laissant espérer qu'il y eu des survivants. Nous avions toutefois acquis une quasi-certitude : les agresseurs n'étaient pas anthropophages. Il restait bien-sûr la possibilité qu'ils le soit mais ne mangent pas de Britanniques, dont le goût les indisposait. Mais cela était peu probable.

 

      Nous marchâmes encore trois heures, avec l'étrange et constante impression d'être observés. La piste se faisait plus discrète, mais le chef de nos mercenaires, Séan MacLeans, était un bon traqueur et cela ne semblait pas l'ennuyer outre-mesure. Au bout de la route, nous quittâmes toutefois les bois pour parvenir à une rivière (qui, notons le au passage, n'était pas sur la carte). Le dit-cours-d'eau filait entre deux rives faites de très grosses roches sur lesquelles la piste se perdait nécessairement. Nous fîmes halte afin de prendre une décision. Cela ne traîna pas car face à nous, à une certaine distance, se tenait une butte. Ce n'était pas à proprement parler une montagne, mais plutôt une grosse colline qui serait faite d'un rock gigantesque. Le plus logique aurait été pour les survivants de se rendre là, car la position était surélevée, pouvait offrir un bon couvert et permettre de se faire facilement retrouver par des troupes de secours. Nous notâmes donc notre position sur la carte, et traversâmes la rivière afin de nous renfoncer sous le couvert des arbres, vers la colline. Cette dernière était plus loin (et donc plus grosse) que nous ne le pensions initialement, et il nous fallut six heures de marche pour parvenir à son pied. Je voyais bien que mon ami Vanir ne se sentait pas à l'aise dans ce territoire forestier, si différent de ce que son peuple connaissait. Il sembla se sentir un peu mieux lorsque la nuit tomba, un peu avant notre arrivée au pied de la colline. Là, notre trouvaille fut des plus inquiétante : à l'entrée d'un sentier montant vers le sommet étaient plantés deux pieux sur lesquelles étaient fichés deux têtes que nous reconnurent aux casques coloniaux qui les surmontaient. De toute évidence, nous pénétrions en territoire ennemi. Nous préparâmes nos armes et commençâmes prudemment l'ascension. Il nous fallut seulement quelques minutes pour trouver les corps qui accompagnaient de leur vivant les trophées de l'accueil. À mesure que nous approchions du sommet, nous entendîmes monter des chants et des battements de percussions ethniques. Nous n'étions pas seuls, et quelque chose se tramait non loin de notre position. Nonobstant notre insistance, le docteur tint à nous accompagner vers le danger. Nous avançâmes donc le plus discrètement possible sous couvert des arbres qui couvraient la colline. Bientôt, nous parvînmes au bord d'une clairière. C'est cachés par la végétation que nous assistâmes à un spectacle à la fois terrible et fascinant.

 

      Au fond de la clairière se tenaient un grand nombre de huttes circulaires, comme le montre les gravures que nous avons en France. Toutefois, la plupart étaient plus grandes qu'on ne l'imagine et les matériaux de construction semblaient, dans l'obscurité, assez étranges. Entre elles et notre cache était formé un grand cercle d'indigènes. Un certain nombre d'entre eux jouaient des percussions que nous avions entendus plus tôt, et des femmes chantaient des airs aux sonorités martiales. Au centre du rassemblement se dressait un grand bûcher autour duquel dansaient des guerriers en armes dont le visage était dissimulé par de redoutables et sordides masques de peau et d'os, cornus et peinturlurés de la façon la plus effrayante. Mais ce fut un autre élément qui attira notre attention : au milieu de la foule, entre quatre immenses combattants autochtones, se tenaient deux hommes blancs. Vêtus de l'uniforme du 4th East African Steam Dragoons, ils étaient attachés et semblaient très fatigués. Nous nous consultâmes à voix basse afin de trouver une idée pour les libérer, et il fut convenu que nous attendrions le sommeil des primitifs pour porter secours aux deux soldats. Mais nos plans furent bien vite mis à mal. En effet, les chants cessèrent bientôt et le cercle se fendit, laissant pénétrer en son centre un homme noir, grand et secs. Contrairement aux autres dont les coiffures étaient très courtes, il arborait une longue natte qui lui arrivait au bas du dos. C'est en l'observant que nous remarquâmes avec stupéfaction une chose qui nous avait jusque là échappée : les guerriers portaient des uniformes. Ils n'avaient pas de pagnes, et si certains portaient les tenues rouges prises à leurs victimes britanniques, la plupart portaient des atours tout à fait originaux. Fait à partir de gros draps, ils étaient teints de couleurs variés, mais qui semblaient suivre un motif. L'uniforme du nouveau venu était quant à lui rehaussé de galons d'origine inconnue, et il portait un casque à pointe qui venait probablement de Prusse. Si les guerriers arborait pour la plupart des pantalons, le chevelu portait lui un kilt dont le tartan m'était inconnu. Il fut acclamé par la foule et demanda le silence d'un geste. Ce qu'il dit nous fut en partie traduit par un de nos guides. Les Blancs les avaient dépossédés par le passé, mais ils avaient été chassés. Ces hommes britanniques avaient voulus entrer sur leurs terres, mais ils avaient été défaits. Ils allaient réunir les tribus et marcher sur le territoire des Blancs, car ils étaient un peuple fier. Grâce au « titan aérien », ils seraient invincibles. Mais avant, ils devaient donner un sacrifice aux esprits en exécutant les prisonniers.

      Nous réalisâmes soudain que notre plan n'aboutirait pas, car les deux hommes allaient être tués d'un moment à l'autre. Il fallait penser et surtout agir vite. L'orateur se retira, laissant place à de nouveaux chants. Les danseurs s'écartèrent. On releva les deux britanniques pour les mener vers le bûcher. Nous ne savions que faire. C'est alors que je remarquai que Varz et deux de nos guides avaient disparus. Nous saisirent nos armes, prêts à combattre cet ennemi supérieur en nombre, lorsque qu'une explosion retentit, suivie de plusieurs coups de feu : mon collègue, aidé des deux mercenaires, s'étaient éloignés de notre position afin de créer une diversion. Les guerriers indigènes repoussèrent les femmes vers les habitations et se lancèrent sur nos compagnons avec leurs armes de parades pendant que d'autres allaient vraisemblablement chercher mieux. Sans perdre une seconde, le docteur jaillit de notre abri. Avec deux des mercenaires restant, je le talonnai, pendant que les deux derniers nous couvraient. Il fallait profiter de la diversion pour libérer les soldats dont les gardiens étaient inattentifs. Le docteur n'ayant même pas dégainé son colt, c'est à coup de poing qu'il assomma le premier garde. Pendant que nous prenions à parti les guerriers restant, il détacha les deux soldats qui, sous le coup de l'adrénaline, se relevèrent et désarmèrent deux autochtones revenant des huttes avec des armes à feu. Récupérant les fusils, ils abattirent deux autres Ougandais avant de se replier avec nous vers les arbres. Nous parvinrent à faire un signe vers Varz et ses deux acolytes, pour leur signifier de nous rejoindre, mais nous fûmes rapidement pris en chasse par l'ennemi. Heureusement pour nous, nous connaissions un peu la route par laquelle nous étions venu, ce qui nous permis de garder une certaine avance.

 

      Je ne sais pas combien de temps dura la course, ni comment nous semèrent nos poursuivants, pourtant plus habitués au terrain que nous. Une fois le calme revenu, nous tentâmes de faire le point. En dehors de quelques contusions, nous n'avions pas de blessé. Les deux soldats britanniques avaient apparemment été soignés par leurs « hôtes », étant prisonniers depuis près d'une semaine. Toutefois, Varz et les deux mercenaires étaient portés disparus. Le connaissant, je savais parfaitement qu'il s'en sortirait avec brio en dépit de son animosité pour le milieu forestier. Après avoir été remercié par les deux hommes que nous avions libérés, nous les questionnâmes sur leur histoire. Ils avaient été envoyés en reconnaissance afin de faire le point sur la cartographie de la région, et sur les activités des autochtones. Surpris comme nous par l'étendu de la forêt, ils étaient tombés dans une embuscade. Avec quatre camarades, ils avaient tenus une position jusqu'à ce qu'à court de vivre et de munitions ils soit capturés. Deux étaient morts, et les autres étaient portés disparus. Ils nous fournir surtout une information de la plus haute importance : ils avaient vu le Lugh, et savaient où il s'était écrasé.

 

      Après un repas frugale mais bon et quelques heures de sommeil, nous nous mirent en route. Nous espérions trouver sur le site nos amis et un moyen de s'échapper une fois le mystère du crash résolu et l'équipage secouru. Par prudence, nous contournions largement la colline, afin d'éviter les patrouilles qui devaient nous traquer. Nous marchâmes tout le jour, et c'est seulement aux alentours de seize heures que nous parvinrent dans un lieu des plus impressionnant. Les arbres y mesuraient tous au moins trente mètres de haut, et certains avaient un tronc de la largeur d'une petite maison. Une clairière s'ouvrit bientôt à nous, et nous comprirent rapidement qu'elle n'était pas naturelle, mais faite de la main de l'homme. Au centre se tenaient le Lugh. Les avaries dû à l'accident étaient encore visibles, mais avaient été sommairement réparées. Le choc n'avait pas été très violent si nous devions en croire nos yeux. Autour du vaisseau avaient été construits des échafaudages de bois sur lesquels s'activaient un grand nombre d'autochtones. Si nous n'avions pas été au cœur de la jungle ougandaise et que les ouvriers n'avaient pas été presque nus, nous aurions pu nous croire dans n'importe quelle usine française d'aéronef. Des équipes de travail s'affairaient de tout côtés, réparant la coque, le gouvernail ou encore les hélices. Nous comprenions désormais pourquoi certains véhicules du 4th East African Steam Dragoons avaient été démontés : les pièces servaient aux réparations. Nous étions de toute évidence attendus car des groupes de guerriers en uniformes surveillaient le chantier. Nous tâchions de trouver un moyen de traverser leurs défenses lorsqu'un bruit se fit entendre derrière nous. La crainte se dissipa lorsque Varz, accompagné d'un mercenaire, surgit des fourrés. Ils étaient là depuis l'aube. Le second mercenaire avait perdu la vie dans leur fuite, mais eux avaient pu semer leurs adversaires et étaient arrivés par hasard au chantier. Se doutant qu'ils avaient plus de chance de nous y retrouver qu'en s'enfonçant dans la jungle, ils avaient enquêté tout le jour sur les activités des Ougandais. Ils avaient pu trouver les restes de l'équipage, dont les survivants avaient été massacrés. De ce qu'ils savaient, les indigènes souhaitaient réparer l'aéronef. Cela était sûrement lié au discours de la veille et à l'étrange « titan aérien » qui les mènerai à la victoire face aux Britanniques. Que le Lugh ait été abattu par ses hommes semblait plus qu'improbable car Varz n'avait repéré aucune arme suffisamment sophistiquée pour cela. Pour connaître le fin mot de l'histoire, il n'y avait qu'une solution : capturer un membre de la tribu et l’interroger. Si le docteur, mon compagnon et moi-même étions bien incapable de réalisé une telle action dans un pareil contexte, nos mercenaires en avaient vu d'autres. Quatre d'entre eux furent chargés de nous ramener un prisonnier pendant que nous observions l'avancer des travaux et que nous gardions la position. Il était inutile de ralentir ces professionnels. A la nuit tombée, nos commandos revinrent avec un ouvrier de toute évidence suffisamment effrayé pour nous révéler ce que nous voulions savoir. Il nous appris que l'orateur à la natte était leur chef, Kubwa Mchawi, et que ses velléités guerrières s'exerceraient une fois le vaisseau réparé. Toutefois, ce qui nous intrigua fut le récit de la chute du Lugh. Notre prisonnier nous indiqua que Mchawi l'avait abattu grâce à ses pouvoirs magiques. Le bâton de Nguwu dont il était détenteur lançait des décharges d'énergies qui, lorsqu'elles avaient heurtées le Lugh, l'avait fait chuter. L'équipage était apparemment parvenu à poser le vaisseau sans trop de casse, mais le comité d'accueil les avait tués. Il était inadmissible pour le docteur de laisser son invention servir de tels dessein, même si c'était les Anglais qui devaient en pâtir. Bien-sûr, nos deux camarades britanniques ne pouvaient pas repartir sans tâcher de contrecarrer les plan des Ougandais, il en allait de leur patriotisme. Et notre curiosité était piquée par ce récit aux sonorités magiques que notre travail scientifique nous empêchait de totalement croire. Cela lança un bref débat au sein de notre groupe, chacun de nous ayant son opinion sur la question. Mais cela ne dura pas : nous avions un travail à faire.

      Il nous fallait désormais un plan. Nous pensions nous introduire dans le Lugh lorsque la nuit se ferait plus avancée et la garde plus relâchée. Une fois à l'intérieur, nous pourrions nous arranger pour détruire le vaisseau et fuir avec un le dirigeable de secours, à conditions qu'il n'ait pas été enlevé. Le moment venu, et une fois notre prisonnier bâillonné et attaché, nous nous séparèrent en deux groupes. Avec les deux Britanniques et Varz, nous devions atteindre la salle des moteurs et la piéger. Les deux soldats et moi-même nous y connaissions en sabotage de par notre expérience militaire, et Varz est de loin le meilleur ingénieur que je connaisse. Quant au docteur, il allait avec les mercenaires préparer notre évasion. Une chose était certaine : nous n'échapperions pas à la vigilance des gardes. Nous devions donc être rapides et efficaces. Nous pouvions tenir face à la faible garnison du chantier, mais nous savions qu'il faudrait moins d'un quart d'heure avant l'arrivée des renforts ennemis. Nous patientâmes quelques minutes afin de bénéficier d'une ouverture entre deux patrouilles, et l'assaut fut donné.

 

      Nous sortîmes à découvert, courant le plus vite possible pour atteindre le couvert du vaisseau. Nous étions déjà sur l'échafaudage menant dans le ventre de l'aéronef lorsqu'un garde nous repéra. Il fut abattu par un mercenaire et nous nous barricadâmes à l'intérieur. Le groupe du docteur se dirigea vers l'issue de secours où se trouvait l'objet de notre salut. Quant à nous, nous continuâmes jusqu'au moteur, à la poupe du Lugh. Les deux britanniques prirent position près de la sortie, vers l'extérieure, tandis que Varz et moi-même tentions de trouver quelque chose pour provoquer l'explosion du vaisseau aérien. Comment faire exploser une machine aussi bien conçue ? Ce fut mon compagnon qui eut la solution : me tendant deux pommes de terre tirées de nos vivres, il me demanda de les insérer dans la cheminée d'échappement principale, située à la poupe, provoquant une surchauffe au moment du démarrage du moteur et ainsi la destruction pure et simple du vaisseau. Cela peut paraître élémentaire, mais je peux vous garantir qu'un ingénieur capable d'avoir un plan d'une telle simplicité est un véritable génie. Il lancerait le moteur pendant que j'irai mettre l'infortuné tubercule dans la cheminée. Je demandais à mes deux camarades d'outre-Manche de me couvrir pendant que je progressais vers la cheminée à l'extérieur et donc sous le feu ennemi. Mon ami Vanir quant à lui, exécuta aussi rapidement que possible la procédure de lancement de la machine. En temps normal, elle nécessitait au moins trois hommes, prenait cinq bonnes minutes et s'achevait sur la passerelle par l'action du pilote. Il fallut seulement trois minutes à mon camarade pour finir les opérations de la salle des machines. Entre-temps, je parvenais non-sans difficultés à la cheminée. J'y jetais les pommes de terre et les entendis se coincer dans un des conduits plus étroits en contre-bas. Pour être sûr de mon succès, j'y ajoutais quelques outils et bouts de bois que je trouvais sur les échafaudages environnants. Mon retour fut plus simple, la majorité de nos assaillants ayant été mis hors de combat par les hommes de sa Majesté. Nous nous repliâmes vers le dirigeable, qui était près au départ. Tous embarquèrent à l'exception de mon collègue, qui devait encore finir la procédure de lancement du moteur depuis la passerelle. Ne pouvant me résoudre à laisser mon camarade seul, je l'accompagnais afin de lui offrir un appui armé. Nous arrivâmes sur la passerelle en même temps que deux guerriers ougandais. Une fois qu'ils furent neutralisés, Varz se mis aux commandes pour lancer le moteur. Il arriva alors une chose fâcheuse. Un élément du moteur avait dû être endommagé car celui-ci ne démarra pas. C'était à prévoir évidemment, mais mon ami et moi avions été optimistes. Il fallait retourner en salle des machines au plus vite. Toutefois, plus nous traînions plus le docteur et nos camarades étaient en danger. Varz couru vers le moteur. Quant à moi, j'allais détaché le dirigeable : le docteur et les autres devaient partir. Mon ami et moi-même trouverions un autre moyen de fuir. Malgré les protestations du docteur, je parvins à faire céder les mercenaires sans trop de difficultés et demandais à mes camarades britanniques de veiller sur lui au péril de leur vie. Ils me le promirent et je les vis décoller. Je couvrais leur retraite depuis ma position en abattant tout ennemi que je voyais, puis une fois leur sécurité assurée, je rejoignis Varz à l'arrière. Il avait trouvé le problème et était déjà penché dessus. Je devais éviter qu'il soit dérangé et me jetais donc sur l'immense guerrier qui pénétrait à cet instant dans la pièce. Nous combattirent un certain temps, et lorsque je le mettait enfin hors de combat, j'entendis un fracas terrifiant : armé d'une clef anglaise, mon ami avait donner un violent coup sur le moteur afin d'en parachevé la réparation. Il se permit un petit rire satisfait avant de se tourner vers moi me proposant la fuite. Filant dans les coursives et à court de munitions, nous nous frayions à coups de sabres un chemin vers la passerelle. Malgré la connaissance que j'avais acquise sur les Freeshks, Varz me surprenait : venant d'un monde souterrains, il était dans les couloirs du vaisseau comme un poisson dans l'eau. Courant partiellement sur les murs à une vitesse que je n'égalais que très difficilement, il abattait nos adversaires avec un efficacité redoutable. Au bout de notre course, nous lançions le moteur et sortions précipitamment, sachant pertinemment qu'il faudrait moins d'une trentaine de seconde avant l'explosion. Abattant trois guerriers, nous arrivâmes sur la terre ferme et nous précipitâmes sous le couvert des arbres, nous jetant au sol lorsqu'un puissant éclat de tonnerre fit voler le moteur en morceau, emportant avec lui un bon quart de l'aéronef. Notre mission était accompli, mais nous n'étions pas au bout de nos péripéties. En nous relevant, nous constatâmes qu'un cercle d'Ougandais s'était formé autour de nous.

 

      Nous étions fait comme des rats...

Par Sir François d'Arz - Communauté : L'univers Steampunk
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